Uncategorized

La «charte 08» : un délit d’opinion en Chine

Mais qui est Liu Xiaobo ? Cet homme, un dissident chinois de 54 ans «est victime [comme le souligne Pierre Haski] d’un rapport de force qui fait de la Chine d’aujourd’hui la puissance émergente, et pas seulement économiquement comme on a pu le voir lors du sommet sur le climat à Copenhague, et à laquelle on ne déplait qu’à ses dépens.

Lorsque l’Union européenne et les Etats-Unis ont fait, chose rare, une démarche commune récemment en faveur du dissident, ils se sont fait vertement remettre en place par le porte parole du ministère des Affaires étrangères à Pékin, sur le mode «mêlez-vous de ce qui vous regarde ».

(…)

Alors que pèse Liu Xiaobo ? En Chine même, son influence ne dépasse pas celle des milieux intellectuels urbains, dans un pays lancé dans une course éperdue à l’enrichissement et l’amélioration de son niveau de vie. La demande démocratique n’est pas une grande cause populaire, c’est incontestable.

C’est pourtant son honneur de la porter, et d’en assumer tous les risques. Surtout en sachant par avance, car Liu Xiaobo était parfaitement informé et lucide de sa situation, qu’il se retrouverait seul face à un pouvoir qui ne lâche rien sur le terrain démocratique.

François Fillon restera malgré lui le symbole de cette impuissance internationale à voir embastiller un homme dont le seul tort est d’avoir défendu des valeurs universelles aujourd’hui en berne, face à un capitalisme autoritaire triomphant.»

Mais rendons grâce à notre téméraire ministre, éminence grise de notre hypoprésident, ardent défenseur de notre identité nationale tricolore, celle de la Patrie des Droits de l’Homme car nul État ne semble plus pouvoir résister à l’appétit glouton du «capitalisme autoritaire triomphant» qui s’engraisse comme un cochon dans le bestiaire de notre lâcheté démocratique.

«Faut-il regretter les temps anciens? Evidemment, non. Continuons à dire « Good Bye Lenin! » C’est cela qui est célébré ces jours-ci. Mais la démocratie reste un combat. Même quand la prospérité la rend moins désirable.» [Olivier Jay, Chroniques, 7 novembre 2009, http://www.lejdd.fr/Chroniques/Olivier-Jay/Le-triomphe-du-capitalisme-autoritaire-148484/].

AMC

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s