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Les « pros » and « cons » de l’Internet libre : place aux anti-retros

Les politiques français et en particulier ceux de la majorité parlementaire sont dans la ligne de mire des anti-hadopi. La cible des propos les plus virulents est entre autres Mme Marland-Militello, députée UMP des Alpes-Maritimes et « rapporteure pour avis sur le projet de loi HADOPI » en 2009.

La vigueur des propos stigmatise la superficialité partisane de sa position voire sa « stupidité sans égal ».

Sans alimenter davantage la polémique, résumons les arguments des « pros » & « cons » de Hadopi au nom de la défense d’une certaine conception de l’Internet libre sur la question du «piratage» à partir des commentaires pour rester «neutre» dans ce billet.

1) Les «pros»

« #3 – par Batman2008 (ajouter à mes contacts) le 24/09/2010

Non Mr Bayart, dans un état de droit (j’ai envie de dire de bon sens) un artiste devrait pouvoir jouir librement de ses créations. En permettant le partage massif et sans contrôle sur internet, on en arrive à une situation où ses créations n’ont plus aucune valeur et on finit par tuer l’espèce. La véritable liberté n’est pas celle qu’ont les autres de faire ce qu’ils veulent quand ils veulent, mais celle qu’a chacun d’entre nous de pouvoir jouir de sa création. Je suis sûr que vous n’aimeriez pas vous aussi, monsieur, qu’on mette votre voiture à la disposition des autres. Vous n’êtes pas prêt à renoncer à vos biens ? Eh bien figurez-vous que nous aussi. »

2) Les «cons»

« #3.1 – par pépé75 (ajouter à mes contacts) le 25/09/2010

En principe, dans un état de droit tout le monde devrait avoir les mêmes droits.

Or les artistes, et tous ceux qui derrière eux vivent du commerce de leur production, ont le privilège de bénéficier de rentes à vie (et au-delà), tandis que le commun des mortels doit renouveler perpétuellement son travail, même lorsque les fruits de ce dernier profite durablement à la société.

Par ailleurs, on prélève des taxes sur des matériels génériques au nom d’un usage purement putatif de leur oeuvres.

Et maintenant on instaure en leur nom un système de surveillance flanqué d’un principe de présomption de culpabilité pour les usagers d’un moyen communication universel.

Bref, on piétine les droits fondamentaux des citoyens au nom de la garantie des profits d’une minorité… et vous conspuez M. Bayart parce qu’il objecte finalement que ce système ne doit pas être totalitaire.
Puisque vous faites une comparaison, autant qu’elle soit exacte. Il s’agit ici de propriété intellectuelle, pas de propriété matérielle. L’accès à une oeuvre ne prive pas son auteur de sa présence, mais tout au plus d’un revenu hypothétique du fait d’un mode singulier de rémunération quasi-perpétuelle.

Ainsi, je suis sûr que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse payer le seul fait de *regarder* ma voiture passer, qu’on taxe aussi votre appareil photo car il est *susceptible* de prendre son image, qu’on mette un milicien chez vous pour vérifier que vous ne la regarderez pas sans me payer, qu’on vous mette en demeure de prouver que vous ne l’avez pas fait si l’on vous en soupçonne, et qu’on vous rende responsable du fait que quelqu’un puisse la regarder depuis votre fenêtre.

Alors vous parlez de liberté des artistes ? Et pour les autres, « la liberté, c’est l’esclavage » (G. Orwell, «1984») ? »

L’argument majeur des pros est celui de vouloir « pouvoir jouir de sa création » et celui des « cons » de garantir « le libre accès à une œuvre » qui serait « une propriété intellectuelle [et non] une propriété matérielle ».

Beaucoup des pourfendeurs de Hadopi sur la base de ce dernier argument qui appartiennent notamment aux professions intellectuelles supérieures ont-ils jamais été tentés voire n’ont-ils jamais essayé de se faire récompenser ne serait-ce que pour indiquer une seule source de référence à une œuvre de l’esprit en s’abonnant aux programmes de recommandation des librairies en ligne telles que Amazon.fr par exemple ? Il faut savoir se prémunir des «bobos» bien-pensants.

Comme dans beaucoup d’autres domaines, la sagesse incite à recentrer le propos et à trouver un équilibre entre les intérêts légitimes des auteurs qui veulent pouvoir vivre du revenu de leur œuvre et de ceux qui veulent en prendre connaissance librement. En l’espèce, Internet a ouvert la boîte de Pandore.

Là est le véritable enjeu des débats autour de Hadopi, le reste risque de confiner à la démagogie de part et d’autre.

Le malaise est fort parce qu’une proportion importante de l’opinion publique des internautes a l’impression de ne pas être écoutée contrairement aux lobbyistes comme l’indique le commentaire : « (…)Dis toi, si tu veux poursuivre ce parallèle, que pour le moment le gouvernement n’écoute que Vivendi. Plus nous serons nombreux, plus il sera obligé de nous écouter aussi. »

Et le parallèle est vite fait avec les mouvements sociaux en cours sur d’autres sujets de société comme la réforme des retraites par exemple.

Alors en caricaturant les députés UMPistes comme une armée de godillots aux ordres de leur chef suprême, on se trouve en face d’une autre armée de pseudo guérilleros zapatistes du Net qui pourraient tout aussi bien appartenir au monde canin surfant sur le Web.

L’Internet libre mérite véritablement un autre débat en France sachant que la meilleure expression démocratique demeure l’acte citoyen de voter aux élections au suffrage universel direct. De ce point de vue, la France demeure un pays civilisé et démocratique.

D’autres questions fondamentales interrogent universalité de l’Internet libre et de ses acteurs comme le devenir du « père iranien du blog » menacé d’exécution et là il y a aussi de quoi citer JFK : «Ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables.»

VOX POPULI, VOX DEI.

Disons-le ingénument (?) comme Marylin en son temps : « Live your life now » et que roule la démocratie sur la voie de la modernité avec ou sans DS3 (aucune référence à une marque ou à une œuvre quelconque n’ étant sponsorisée sur ce blog)…

Anne-Marie Champoussin

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Une réflexion au sujet de « Les « pros » and « cons » de l’Internet libre : place aux anti-retros »

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