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AAAH! DRÔLE DE WEB : SIMULACRE DE DEMOCRATIE

La crise de l’euro qui a dominé les discussions du dernier G20 s’est traduite dans la foulée par la démission successive du Premier ministre grec et celle du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Cela suffira-t-il à enrayer la crise ?

Les événements survenus avec la faillite de la Grèce et la menace sur la solvabilité de l’Italie étaient connus et analysés il y a plus d’un an par des experts financiers et économistes internationaux. Parmi les nombreuses analyses sur la crise souveraine, on peut se référer à une réunion sur le sujet par Carnegie en décembre 2010.

Il en résulte pour le quotidien de millions d’européens de la zone euro une cure d’austérité dans un climat de récession, avec un chômage galopant et le spectre d’une pauvreté envahissante. Les gouvernements ont donc choisi de restaurer leur triple AAA ou de le conserver à tout prix y compris celui de sacrifier une relance de la croissance par une politique de la demande pour satisfaire à ce que certains appellent « la dictature des marchés financiers ». Et si l’opinion publique européenne ne se montre guère convaincue par les décisions prises par les gouvernements de la zone euro l’idée d’un référendum populaire a pourtant dû être abandonnée par l’ex-Premier ministre grec Georges Papandreou sous la pression du duo franco-allemand Merkel et Sarkozy surnommé «Merkozy».

En France, on vilipende les assistés de la société qui sont souvent ceux les plus frappés par la crise et qui survivent grâce au RSA, ces derniers devront travailler 7 jours désormais en guise de remerciement ; on soupçonne les salariés en arrêt maladie et on augmente le nombre de jours de carence ; certaines mairies comme Marseille suivant en cela Nice, Montpellier ou Chartres ont pris des arrêtés anti mendicité pour éliminer tout risque de visibilité de la pauvreté qui gagne comme une lèpre sociale avec la contagion de la crise ; on lance la chasse à la fraude sociale en oubliant les 1% de nantis qui par la spéculation et leur cupidité insatiable ont mené au gouffre financier qui ravage les pays de la zone euro aujourd’hui.

Mais qu’importe, il faut lutter coûte que coûte contre le déficit budgétaire et l’austérité est de rigueur alors au diable l’opinion publique ! Comme l’illustre le malheureux référendum grec tué dans ses limbes. Cela n’empêche certains dirigeants européens rigoristes de passer une nuit à 3 500 euros à Cannes lors du dernier G20.

Alors une question incidente surgit : Á quoi et à qui sert la démocratie ?

Pour Jürgen Habermas, l’ex-Premier ministre grec Georges Papandréou est « l’archétype de l’homme politique qui échoue à faire le grand écart entre le monde des experts financiers et celui des citoyens ; [entre] les impératifs systémiques du capitalisme financier sauvage –  que la politique elle-même a libéré de la bride de l’économie réelle –  et les plaintes de leurs électeurs sur les promesses rompues de justice sociale. »

La proposition de Habermas en ces temps de crise est à rebours des attitudes des dirigeants de la zone euro qui pratiquent la démocratie du haut vers le bas alors qu’il faudrait «ramener la prise de décision au niveau du citoyen à la fois pour une question de démocratie mais [aussi] une question de dignité». Habermas tire la sonnette d’alarme «contre la voie post-démocratique choisie par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Une concentration du pouvoir dans un cénacle des chefs de gouvernement imposant leurs accords aux parlements nationaux n’est pas la bonne voie » Et il recommande un nouveau processus constitutionnel en Europe qui intégrerait les citoyens…»

En réaction, le chroniqueur vedette du Spiegel Online Jan Fleischhauer reproche à Habermas de faire un récit de la crise de l’euro dans lequel «les politiques se sont depuis longtemps fait écraser par l’économie. Ils sont les exécutants zélés du capitalisme financier. […] Mais quand il s’agit de formuler des revendications concrètes, Habermas rencontre le même problème que les activistes d’Occupy Wall Street qui, eux non plus, n’ont pas d’autre idée que de dire que l’argent doit être redistribué d’une quelconque manière. En vérité, tout cet effort rhétorique a pour but d’exempter les politiques de leurs responsabilités, afin de leur laisser les mains libres pour continuer leur politique pépère.» L’austérité aujourd’hui décrétée dans la zone euro n’est alors que la prise de responsabilité concrète des politiques face à une crise dont ils n’ont pas su mesurer toute l’ampleur des conséquences dès 2008 ?

Pour mémoire, Nicolas Sarkozy face à la crise en 2008 annonçait la fin de la toute puissance du marché financier : « L’idée de la toute-puissance du marché est une idée folle », assure Sarkozy. Il dénonce le rôle des banques, des agences de notation et des fonds spéculatifs. Avant de se reprendre et de refuser de basculer dans « l’anticapitalisme ».

Et que dire des élus qui, dans leur immense majorité (à l’exception de deux) refusent de voir baisser de 10% leurs indemnités alors que l’on inflige au peuple un nouveau plan de rigueur ? Faut-il relever que nos élus à l’Assemblée nationale n’affichent pas toujours un comportement exemplaire : les uns dormant, les autres lisant la presse, d’autres encore absents, ou twittant ou vociférant par solidarité avec leurs compères portant la même étiquette politique…

Dès lors on peut railler le mouvement des indignés et entreprendre de les chasser violemment à La Défense ou à New York, et s’interroger sur «les raisons d’un mouvement qui ne prend pas en France» principalement parce que « les Français sont résignés »  et que l’on approche des élections présidentielles de 2012.

Par ailleurs, les quolibets faits au candidat socialiste désigné à la présidentielle de 2012 donnent actuellement dans l’humour style bande dessinée : quand Jean-Luc Mélenchon voit en François Hollande un « capitaine de pédalo » et Luc Chatel un « Babar » ; pour autant, le débat ne s’élève pas bien haut et l’indignation pour un changement global entre en résistance.

Comme l’explique Justine, 19 ans, étudiante en histoire de l’art qui participe au mouvement des « indignés » depuis le 29 mai :

« En France, on ne nous a pas laissés nous installer. En Espagne, le mouvement est parti d’un appel de Democracia Real Ya pour une manifestation, et d’un petit groupe de gens qui ont décidé de rester camper. La base du mouvement, c’est de se réapproprier l’espace public. » 

Le vrai risque aujourd’hui est celui d’une « démocratie dévaluée ». Les velléités de référendum de Papandréou ont mis en lumière la panique des politiques parce que les marchés ont paniqué. Car au fond en quoi l’initiative du Premier ministre grec de soumettre le sort de son pays au jugement de son propre peuple était-elle insupportable ?

La panique des Allemands et de leurs dirigeants politiques a suivi celle des marchés financiers tant ils sont « prisonniers des prophéties des marchés avant même qu’ils ne se soient exprimés. »

La crise que traverse l’Europe exprime « la lutte pour la suprématie entre pouvoir économique et pouvoir politique. Ce dernier laisse désormais les processus démocratiques à l’appréciation des agences de notation, des analystes et des groupements bancaires. 

Or, « la prétendue rationalité des mécanismes financiers a révélé de vieux atavismes inconscients. Les discours consistant à traiter tout un peuple d’escrocs et de fainéants semblaient avoir disparu en même temps que le nationalisme. On assiste aujourd’hui à un retour de cette mentalité avec « preuves raisonnables » à l’appui. La déformation du parlementarisme, soumis aux lois du marché, ne justifie pas seulement les décisions du peuple en tant que « législateur extraordinaire » ; dans le cas de la Grèce, elle oblige les citoyens à exprimer leur volonté. » En effet, André Orléan, auteur de L’empire de la valeur, son dernier ouvrage déclare à propos de la crise de l’euro : «Si le terme de démocratie veut dire quelque chose, on ne voit pas comment de telles mutations pourraient se faire sans un vaste débat national.»

Alors pour faciliter l’approche du sujet par nos dirigeants qui eux aussi, maintenant ont « Google », il leur suffit de taper comme mot de recherche « DEMOCRATIE », « ouais ZIVA !! LOL ! Le Web fait rire ? »

Capture écran le 17/11/2011

Anne-Marie Champoussin

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